Revisiter la Réforme

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Revisiter la Réforme. Sous la direction de Pierre Gisel et Jean-Marc Tétaz,

Éditions Olivetan, Lyon, 2017

Que peut-on dire d’autre sur « La Réforme » ? Cette publication singulière répond, il me semble, à cette question. Elle rassemble, ce qui n’est pas habituel, les avis d’un nombre impressionnant de théologiens, historiens et philosophes chrétiens reconnus : Marc Faessler, Pierre Gisel, Jean-Claude Monod, Claire Soussen, Jean-Marc Tétaz, Marc Vial, Valentine Zuber. Trois orientations sont données à ce souhait partagé de « Revisiter la Réforme » : 1) Les réformateurs face au judaïsme (la démythologisation de l’antijudaïsme médiéval). 2) Le protestantisme vu comme une religion de liberté (le protestantisme est-il à l’origine des libertés modernes ?). 3) La disparition du Dieu caché (réflexions sur l’actualité d’un thème luthérien et sur la problématique de ses destins modernes). Somme toute, cette invitation à « Revisiter la Réforme » est gratifiante : « Il convient si on veut simplement la comprendre, de ne pas séparer la Réforme de Luther, de Zwingli et de Calvin, de la Réforme radicale, qui lui fut strictement contemporaine, ni d’ailleurs de la Réforme catholique ou Contre-Réforme, légèrement décalée. Au 16e siècle, tout le monde bouge. La Réforme protestante est foncièrement une réponse donnée à une situation nouvelle, non choisie. Et c’est une réponse parmi d’autres possibles, toutes nouvelles et différentes. Il y a la Réforme dite magistérielle parce que vivant d’un contrat avec le magistrat civil (celle de Luther, Zwingli, Calvin ou Bucer), la Réforme radicale, elle-même au double visage, anabaptiste et spiritualiste, et la Réforme catholique ou Contre-Réforme, le catholicisme sortant du concile de Trente étant tout aussi différent du catholicisme médiéval que l’est la Réforme protestante ».