La déportation juive

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Détails de l'événement


Spectacle et débat organisé avec Hebraïca, le Mémorial de la Shoah et Ecoute et Solidarité du Centre Protestant de la rue du Sergent Vigné.

LECTURE mise en espace par Jacob Haggaï :

A pas aveugles de par le Monde, Leib Rochman a mis des années à l’écrire. C’est une expédition pour découvrir des mots, des phrases, des rythmes, qui puissent épuiser le contenu d’une âme jusque dans ses plus petits détails. En ce sens, il n’y a pas dans la littérature juive de livre qui puisse lui être comparé.

Aharon Appelfeld

Résumé du livre :

 Ce chef-d’œuvre de la littérature yiddish, inédit en France, s’ouvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, parmi les cendres, les corps disloqués, dans la froideur d’une terre sans Dieu où les réchappés de la barbarie des hommes tentent de retrouver un semblant d’humanité. Le héros, un être triple, car la focalisation oscille entre Leibl, S. ou Je, vogue de lieu en lieu ; partout, pour mille raisons, il est retenu et comme happé par l’endroit qui l’accueille. Chaque ville fait naître des romans dans le roman, où se croisent des dizaines de personnages, ceux qui ont connu « les Plaines », comme l’auteur nomme les lieux d’extermination, et les autres, les épargnés. Les premiers tentent de vivre, mais demeurent à tout jamais des êtres de souvenir, portant leurs tragédies personnelles et la tragédie de l’Histoire ; les seconds souhaitent juste oublier. Puis les bourreaux, à leur tour, resurgissent. Entre ces hommes, entre les morts et les vivants, se tissent des liens : des drames anciens ou nouveaux éclatent, les sentences tombent. Les fantasmes comme le réel vacillent et se mêlent, alimentant à l’infini le chaos d’un univers à jamais halluciné. Le cortège de morts et les héros de Rochman, tel Ulysse en route pour Ithaque, partent en quête d’un lieu où le dénombrement pourra enfin advenir : sous leurs pas, sous le poids du nombre et des souffrances, c’est le monde tout entier qui menace de céder. À pas aveugles de par le monde est un texte unique, mêlant avec une finesse et une puissance inégalées les registres de langue et de genre pour tenter de transmettre l’indicible, malgré tout.

« Sous la plume de Leïb Rochman, chaque mot est une victime dont il cherche à honorer le souvenir. Son écriture déferlante charrie les morts, puis se laisse porter par le vent, absorber par la terre, rouler par les vagues. Jusqu’à s’éteindre, asséchée. Débarrassée de ses larmes. Happée par le vide. »

Le 16/06/2012 – Marine Landrot – Telerama n° 3